mardi 9 février 2016

le Manifeste du parti jeunefilliste

par Philistine Stringulat - Penseuse-auteure-chercheuse.

Introduction
En fait, un sexe hante le monde : la Jeunefille.
La richesse des sociétés, à l'époque du capitalisme sénile, s’annonce comme une gigantesque accumulation de Jeunefilles.
Déjà le Jeunefillisme est reconnu comme une puissance par toutes les puissances coalisées du monde.
La Jeunefille paraît au premier coup d'œil quelque chose de trivial et qui se comprend de soi-même.
Au contraire c'est une chose très compliquée, pleine de subtilités métaphysiques et d'arguties théologiques .
Les Jeunefilles diraient, si elles pouvaient penser : « Notre usage intime peut bien intéresser l'homme; pour nous, en tant qu'objets sexuels, nous nous en moquons bien. Ce qui nous regarde c'est notre valeur . Notre rapport entre nous comme choses interchangeables le prouve. Nous ne nous envisageons les unes les autres que comme valeurs d'échange. »
La critique de la raison pratique échoue devant elle.  Je ne suis pas là pour qu’on me critique, en fait! dit la Jeunefille.
Nous connaissons maintenant la substance de la Jeunefille : c'est la force de réification. Nous connaissons la mesure de sa quantité : c'est la durée du travail nécessaire à leur possession. Parce que je le vaux bien, clairement ! dit la Jeunefille.
Il est grand temps que les Jeunefilles exposent à la face du monde entier, leurs conceptions, leur but et leurs tendances : qu'elles opposent à la légende du sexe faible un manifeste du Sceptre féministe.

Mâles et femelles
L'histoire de toute société jusqu'à nos jours n'a été que l'histoire de la lutte du beau sexe pour son émancipation.
Femmes libres et esclaves, patriciennes et plébéiennes, baronnes et serves, bourgeoises et ouvrières, unies, ont mené une guerre ininterrompue à travers les âges contre leurs oppresseurs coalisés.
Qu’aucune chronologie datée de ces hauts faits ne soit relatée nulle part prouve la Domination masculine.  En fait, l’Histoire a été écrite par les mecs c'est clair ? dit la JF
L'antiquité cliquette de la quête incessante de toutes les spartaquettes, pâquerettes écrasées par les lourds quarante-quatre fillette.
Dans les ténèbres du moyen-âge, paysannes et châtelaines se dressèrent ensemble contre la beaufrérie conjointe des Seigneurs et des Serfs. Longtemps les serfs refilaient leur nanas à leurs potes les seigneurs.
Qui s'en repaissaient à l'endroit (et à l'envers) du cuissage et du corsage, en droit de jambage.
L'histoire ne dit pas si une réciprocité s'était instaurée.
La relation de cet usage ancestral attend sa tête chercheuse en science sociale.

2 femelles et féministes
À l'époque moderne, les casernes, les camps de concentration, les pelotons d'exécution, les charniers des guerres mondiales, ont mis un terme au règne de la Raison et à son véhicule : le mâle blanc.
La pensée rationnelle européenne ayant amené à cette impasse, il était temps de tâter d'un peu de l'intuition.
La Nature allait explorer une autre voie.
Le sentiment d'une régression n'est plus porté que par quelques maudits.
Avec eux disparaîtront les derniers regrets.
Dans l’Europe au milieu des ruines surgirent les premiers éléments féministes-révolutionnaires qui allaient ouvrir une voie glorieuse à l’émancipation des Femmes.
Pendant que l’Europe s’exterminait joyeusement, c’est dans les communautés sépharades d'Afrique du Nord que se forgeait une élite, qui transplantée dans les agglomérations urbaines reconstruites d'après guerre, agira comme un levain.
Cependant que dans leurs pouilleries originaires elles n'auraient réussi tout au plus qu'à épouser quelques marchands d'huile, la République leur ouvrit les bras et les cuisses, et par un léchage consciencieux elles devinrent toutes avocates.
Pétries de ressentiment filial, ces femelles infériorisées, ne pouvant s'en prendre à leur race d'élection, décidèrent plutôt de se venger sur des benêts qui rampaient déjà aux pieds de leurs dulcinées, leur déclamant des élégies avec des trémolos.
On leur émancipa leurs idoles.
Le String, la Pilule, Gisèle Halimi, les têtes chercheuses en Sciences Sociale, France-Culture et Ni pute Ni soumise sont les phares de la conquête féministe qui éclairent l'avenir de l'homme d'une journée de la femme perpétuelle.

3- féministes et Jeunefilles
La libération s'agrandissant sans cesse, la petite culotte diminuait toujours. Le mâchisme ancien n'a pas seulement forgé sans le savoir l’arme idéologique qui le mettra à mort; il a produit aussi l’espèce femelle qui maniera cette arme : les nouvelles sans-culottes qui submergeront la royauté virile sous leurs flots amazoniens de cyprine.
La JeuneFille est l’être du féminisme réalisé. Ce que l’Anarque est à l’anarchiste.
Qui a dépassé le moment dialectique de la négativité.
D’ailleurs la Jeunefille a la négativité en horreur. En fait, j’ai horreur des mecs négatifs dit la Jeunefille.
Dominant intellectuellement toute la société, elle a instauré sa suprématie sur toute les manifestations de la culture et peut désormais se livrer sans complexe à ses plaisirs.

4- La Parousie ou le règne Jeunefille
Le mâle blanc n'est plus qu'un spectre sans substance, chiffe molle qui vole au vent de l'avenir comme un vieux string sur une corde à linge.
Dessus sa sépulture il fallait que se dressât un autre sceptre, car « l'être sort du Néant comme une verge qui se dresse. » Jean-Sol Partre.
La JeuneFille a élu un nouveau grand mâle de la terre, à la fois festif et jubilatoire, phallique et brutal, dionysiaque et dandinant, prognathe et suprêmement doté par la Nature.
Il était leur chaînon manquant.
La rencontre de ces deux espèces était prévue depuis toujours dans les plans de la Nature, témoins leurs affinités électives : le dandinement pré-copulatoire en lieu et place de la Danse, les colifichet, la pensée magique, les portables, l'équipe de France de Foute, et j’en passe.
L’antique subordination du principe féminin à la Virilité, sera remplacé par celle du tronc phallique à l'involucre efflorescent. .

Il ne reste plus qu’à tirer l'échelle, l'Histoire ne fut qu'un accident bref.
Et sa conscience tragique sera extirpée une fois pour toute de la surface de c'te planète.
 En fait, pas trop tôt dit la Jeunefille.


mercredi 28 octobre 2015

Escale maritime

Dimanche soir, dans la très mal nommée commune Le Blanc-Mesnil, un Blanc-Mesnilois, qui ne l'est peut-être pas autant qu'on le pense, a défenestré sa légitime depuis le 7ème étage, puis est redescendu par l'ascenseur afin de la finir à la machette.
Des témoins se seraient alors interposés, contrevenant à son projet d’équarrissage, ce qui nous conforte dans la présomption que la victime ne doit pas appartenir à l'ethnie dite des « salopes de blanche » ainsi que les désignait encore le violeur multirécidiviste de Sarcelles au tribunal, avant son acquittement.
Quoi qu'il en soit, si l'on en croit le Pharisien, la malheureuse épouse se trouvait hier encore entre l'avis de la mort et le redémarrage des fonctions.
Après une chute de 56 mètres! Il faut le faire.
Cet exploit nous interpelle, l'extraordinaire capacité de persévérance dans l'être de F qui fait notre admiration à tous, fera l'objet de la présente causerie.

Cette  persévérance dans l'être n'étant en réalité qu'un entêtement à vivre, un acharnement à s'accrocher à la vie comme une moule sur son rocher, avec la même rage qu'elle met à décrocher un fœtus de sa matrice. 

Seul l'être véritable est menacé de non-être, mais le paraître, qui est un semblant d'être, un néant sonore, métaphysiquement parlant, n'existe pas.
Entre le presque-rien et le rien il est si peu de chose que mourir est un bien grand mot.
La femelle ne meurt pas, ou bien si peu, qu'on dirait bien plutôt qu'elle s'évapore.


De l'indestructibilité de F

Naguère, quand existait encore la Marine à voile et à vapeur, on dénombrait de nombreux naufrages.
Ces submersions épisodiques mais néanmoins multiples ont été étudiées dans leur causes et leur déroulement. Une vérité anthropologique a ressorti de cette analyse.
Qui met en lumière l'altérité fondamentale de F et de M.



— Mesdames et messieurs, nous sombrons dans les abysses, le bateau coule, nous coulons, vous coulez c'est pas cool, tâchons de rester calme, les femmes et leurs caniches d'abord !

— Ladies and gentleman, the boat is sinking, keep calm and singing on the sea : Auld Lang Syne,

Cependant les femmes hurlent, courent en tous sens, encombrent, il faut s’occuper d'elles, d'abord les calmer, puis les sauver malgré elles.
L’héroïsme masculin devient la norme : la majorité des hommes se révèle en ces circonstances banalement héroïque, si l'on peut dire, sans doute pour se mirer comme héros dans le regard des femmes, tout comme ces dernières se montrent naturellement éperdues et terrorisées.  Les pauvres chéries, le sang-froid n'est pas leur force première.
Mais grâce à l'abnégation et à l'intelligence rationnelle de H, les femelles criardes sont mises en chaloupe, les chaloupes à la mer, et le vogue la galère...

Mais dans les canots de sauvetage commence une autre musique.
Car l'attente est longue, très longue, les vivres s'amenuisent, la faim, le froid et la Soif, l'horrible soif malsaine, sur l'eau, supplice de Tantale!
Après des jours et des jours à la dérive, les rares hommes présents dans les frêles esquifs, comprenaient qu'on allait bientôt tirer les femelles à la courte paille pour les boire et les manger.
Au désespoir devant cette alternative,  ils préféraient une morte digne et rapide et se jetaient à la mer.
Cependant que F fera preuve d'une ténacité et d'une endurance supérieures.
Elles tenaient bon, buvaient leur urine, mangeaient leurs bébés perdaient toute trace de conscience et survivaient.

Telles sont les données offertes  par ces études anciennes sur les naufrages et la survie dans les barques.
Les femmes sont toutes un peu des Océanides, n'est ce pas, des nymphes de la mer.
Filles d' Océan et de Téthys les océanides furent innombrables dit on.  Hésiode en avait répertorié jusqu'à trois mille. Calypso est l'une d'elle.



lundi 26 octobre 2015

La Lysistrata moderne



Guy de Maupassant, instruit depuis l'Outre-tombe de l'existence de ce blog magnétique, m'a fait parvenir par la Poste métaphysique ce pli fluidique recommandé, et que je recommande à la délectation exquise des lectrices et des licteurs romains.

"Si quelqu’un possédait le génie mordant d’Aristophane, quelle prodigieuse comédie il pourrait faire aujourd’hui ! Du haut en bas de la société, le ridicule coule intarissable, et le rire est éteint en France, ce rire vengeur, aigu, mortel, qui tuait les gens aux siècles derniers mieux qu’une balle ou qu’un coup d’épée.
Qui donc rirait ? Tout le monde est grotesque ! Nos surprenants députés ont l’air de jouer sur un théâtre de guignols. Et comme le chœur antique des vieillards, le bon Sénat hoche la tête, sans rien faire ni rien empêcher.

On ne rit plus. C’est que le vrai rire, le grand rire, celui d’Aristophane, de Montaigne, de Rabelais ou de Voltaire ne peut éclore que dans un monde essentiellement aristocratique. Par « aristocratie » je n’entends nullement parler de la NOBLESSE, mais des plus intelligents, des plus instruits, des plus spirituels, de ce groupement de supériorités qui constitue une société. Une république peut fort bien être aristocratique, du moment que la tête intelligente du pays est aussi la tête du gouvernement.

Ce n’est point le cas parmi nous. Mais le plus grave, c’est qu’une telle débandade existe, que les salons parisiens eux-mêmes ne sont plus que des halles à propos médiocres, si désespérément plats, incolores, assommants, odieux, qu’une envie de hurler vous prend quand on écoute cinq minutes les conversations mondaines.

Tout est farce, et personne ne rit. Voici, par exemple, la Ligue pour la revendication des droits de la femme ! Les braves citoyennes qui partent en guerre ne nous ouvrent-elles pas là une Californie de comique ?

Malgré ma profonde admiration pour Schopenhauer, j’avais jugé jusqu’ici ses opinions sur les femmes sinon exagérées, du moins peu concluantes. En voici le résumé.

— Le seul aspect extérieur de la femme révèle qu’elle n’est destinée ni aux grands travaux de l’intelligence, ni aux grands travaux matériels.

 — Ce qui rend les femmes particulièrement aptes à soigner notre première enfance, c’est qu’elles restent elles-mêmes puériles, futiles et bornées : elles demeurent toute leur vie de grands enfants, une sorte d’intermédiaire entre l’enfant et l’homme.

 — La raison et l’intelligence de l’homme n’atteignent guère tout leur développement que vers la vingt-huitième année. Chez la femme, au contraire, la maturité de l’esprit arrive à la dix-huitième année. Aussi n’a-t-elle qu’une raison de dix-huit ans strictement mesurée. Elles ne voient que ce qui est sous leurs yeux, s’attachent au présent, prennent l’apparence pour la réalité et préfèrent les niaiseries aux choses les plus importantes. Par suite de la faiblesse de leur raison tout ce qui est présent, visible et immédiat, exerce sur elles un empire contre lequel ne sauraient prévaloir ni les abstractions, ni les maximes établies, ni les résolutions énergiques, ni aucune considération du passé ou de l’avenir, de ce qui est éloigné ou absent... Aussi l’injustice est-elle le défaut capital des natures féminines. Cela vient du peu de bon sens et de réflexion que nous avons signalé, et, ce qui aggrave encore ce défaut, c’est que la nature, en leur refusant la force, leur a donné la ruse en partage ; de là leur fourberie instinctive et leur invincible penchant au mensonge.

 — Grâce à notre organisation sociale, absurde au suprême degré, qui leur fait partager le titre et la situation de l’homme, elles excitent avec acharnement ses ambitions les moins nobles, etc. On devrait prendre pour règle cette sentence de Napoléon Ier : « Les femmes n’ont pas de rang. »  — Les femmes sont le sexus sequior — le sexe second à tous les égards, fait pour se tenir à l’écart et au second plan.

 — En tout cas, puisque des lois ineptes ont accordé aux femmes les mêmes droits qu’aux hommes, elles auraient bien dû leur conférer aussi une raison virile, etc.

 Il faudrait un volume pour citer tous les philosophes qui ont pensé et parlé de même. Depuis l’antique mépris de Socrate et des Grecs, qui reléguaient les femmes au logis pour approvisionner d’enfants les républiques, tous les peuples se sont accordés sur ce point que la légèreté et la mobilité étaient le fonds du caractère féminin.

 Quid pluma levius ? Pulvis ! Quid pulvere ? Ventus ! 
Quid vento ? Mulier ! Quid muliere ? Nihil ! 

 Mais le plus terrible argument contre l’intelligence de la femme est son éternelle incapacité de produire une œuvre, une œuvre quelconque, grande et durable.

On prétend que Sapho fit d’admirables vers. Dans tous les cas, je ne crois point que ce soit là son vrai titre à l’immortalité. Elles n’ont ni un poète, ni un historien, ni un mathématicien, ni un philosophe, ni un savant, ni un penseur.

 Nous admirons, sans enthousiasme, le verbiage gracieux de Mme de Sévigné. Quant à Mme Sand, une exception unique, il ne faudrait pas une étude bien longue de son œuvre pour prouver que les qualités très remarquables de cet écrivain ne sont cependant pas d’un ordre absolument supérieur.

 Les femmes, par millions, étudient la musique et la peinture, sans avoir jamais pu produire une œuvre complète et originale, parce qu’il leur manque justement cette objectivité de l’esprit, qui est indispensable dans tous les travaux intellectuels.

 Tout cela me semble irréfutable.
On pourrait amasser, dans ce sens des montagnes d’arguments, aussi inutiles, puisqu’on ne fait que déplacer la question, et, par conséquent, raisonner dans le faux, à mon avis du moins. C’est que nous demandons à la femme des qualités que la nature ne lui a point accordées, et que nous ne tenons pas compte de celles qui lui sont propres.

 Herbert Spencer me paraît dans le vrai quand il dit qu’on ne peut exiger des hommes de porter et d’allaiter l’enfant, de même qu’on ne peut exiger de la femme les labeurs intellectuels. 

Demandons-lui bien plutôt d’être le charme et le luxe de l’existence.

 Puisque la femme revendique ses droits, ne lui en reconnaissons qu’un seul : le droit de plaire. 

L’Antiquité la jetait à l’écart, contestant même sa beauté.

 Mais le christianisme est apparu ; et, grâce à lui, la femme au Moyen Age est devenue une espèce de fleur mystique, d’abstraction, de nuage à poésies. Elle a été une religion. Et sa puissance a commencé !

 Que dis-je, sa puissance ? Son règne omnipotent !

C’est alors seulement qu’elle a compris sa vraie force, exercé ses véritables facultés, cultivé son vrai domaine : l’Amour !
L’homme avait l’intelligence et la vigueur brutale ; elle a fait de l’homme son esclave, sa chose, son jouet. Elle s’est faite l’inspiratrice de ses actions, l’espoir de son cœur, l’idéal toujours présent de son rêve.

 L’amour, cette fonction bestiale de la bête, ce piège de la nature, est devenu entre ses mains une arme de domination terrible : tout son génie particulier s’est exercé à faire de ce que les anciens considéraient comme une chose insignifiante la plus belle, la plus noble, la plus désirable récompense accordée à l’effort de l’homme. Maîtresse de nos cœurs, elle a été maîtresse de nos corps. Et nous l’apercevons chez tous les peuples. Reine des rois et des conquérants, elle a fait commettre tous les crimes, fait massacrer des nations, affolé des papes ; et si la civilisation moderne est si différente des civilisations anciennes et des civilisations orientales, dédaigneuses de l’amour qu’on appelle idéal ou poétique, c’est au génie particulier de la femme, à sa domination occulte et souveraine, que nous le devons assurément.

 Aujourd’hui qu’elle est la maîtresse du monde, elle réclame ses droits !

 Alors, nous, qu’elle a endormis, asservis , domptés par l’amour et pour l’amour, au lieu de la considérer seulement comme la fleur qui parfume la vie, nous allons la juger froidement avec notre raison et notre bon sens. Notre souveraine va devenir notre égale. Tant pis pour elle !"
Guy de Maupassant